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Sciences · Biologie

Le peuplement d’un milieu

Le peuplement d’un milieu est l’ensemble des êtres vivants qui y vivent. Il dépend des conditions physiques (lumière, température, eau, sol), varie au fil des saisons et évolue avec le temps et les activités humaines.

Mis à jour le 4 min de lecture

Une forêt n’héberge pas les mêmes espèces qu’une mare, et une même prairie change d’aspect entre janvier et juin. Comprendre pourquoi est au programme de SVT dès le cycle 3 en France puis en 6e et 5e : on étudie la répartition des êtres vivants, les variations saisonnières et la colonisation d’un milieu. Ces notions conduisent à celle d'écosystème.

Les êtres vivants ne sont pas répartis au hasard

Chaque espèce ne peut vivre que dans certaines conditions : c’est sa niche écologique. Dans un même lieu, la répartition varie selon les facteurs du milieu.

FacteurExemple d’influence
LumièreSous-bois sombre : mousses et fougères ; lisière ensoleillée : plantes à fleurs
HumiditéMousses et cloportes dans les zones humides ; cactus dans les déserts
TempératureEspèces de montagne différentes selon l’altitude
Nature du solBruyères sur sols acides ; orchidées sauvages souvent sur sols calcaires
SalinitéPlantes et animaux du littoral adaptés au sel
Présence de nourritureLes chenilles d’une espèce de papillon vivent là où pousse leur plante hôte

Schéma décrit : un relevé le long d’un transect

On trace un trait de 50 mètres partant de l’intérieur d’une forêt vers une prairie ensoleillée. Tous les 10 mètres, on note dans un tableau la luminosité mesurée au luxmètre, l’humidité et les espèces observées sur un carré d’1 m². On dessine ensuite un graphique : en abscisse la distance, en ordonnée la luminosité ; au-dessous, des barres indiquant la présence de chaque espèce. On constate que certaines espèces (mousses) ne se trouvent que dans la partie sombre et humide, d’autres (graminées, pâquerettes) seulement dans la partie lumineuse.

Les variations saisonnières

Dans les régions tempérées, l’hiver est une période difficile : froid, jours courts, nourriture rare. Les êtres vivants y répondent de différentes façons.

StratégieExemples
Migration vers des régions plus clémentesHirondelles, cigognes, papillons monarques (voir migration animale)
Hibernation (vie très ralentie)Marmotte, hérisson, chauve-souris (voir hibernation)
Vie ralentie (engourdissement)Reptiles, amphibiens, escargots (qui ferment leur coquille par un voile)
Forme de résistanceŒufs d’insectes, chrysalides, graines, bulbes, bourgeons protégés par des écailles
Mort de l’adulte, survie de la descendancePlantes annuelles (coquelicot), nombreux insectes
Activité maintenueMésanges, écureuils (qui puisent dans leurs réserves), arbres à feuillage persistant

Les arbres à feuilles caduques (chêne, hêtre, érable) perdent leurs feuilles à l’automne, ce qui limite les pertes d’eau quand le sol est gelé ; les bourgeons, déjà formés, attendent le printemps. Au printemps, la reprise est déclenchée principalement par l’allongement des jours et la hausse des températures.

La colonisation d’un milieu

Un milieu nouveau ou dénudé (coulée de lave refroidie, éboulis, champ abandonné, terrain après un incendie) est progressivement colonisé :

  1. Espèces pionnières : lichens, mousses, plantes résistantes qui supportent des conditions difficiles et commencent à former un sol (voir mousses et lichens).
  2. Herbacées : graminées et plantes à fleurs, une fois qu’un peu de sol existe.
  3. Arbustes : ronces, genêts, aubépines.
  4. Arbres pionniers puis forêt : bouleaux, pins, puis chênes ou hêtres selon le climat.

Cette succession peut prendre des décennies à des siècles. Elle s’accompagne d’un enrichissement du sol et d’une augmentation du nombre d’espèces. Les êtres vivants arrivent par dispersion : graines portées par le vent, l’eau ou les animaux, animaux qui se déplacent.

L’influence de l’être humain

Les activités humaines modifient fortement le peuplement des milieux :

  • destruction et fragmentation des milieux (urbanisation, routes, déforestation) ;
  • pollutions de l’eau, de l’air et des sols ;
  • introduction d’espèces qui prolifèrent aux dépens des espèces locales (voir espèces invasives) ;
  • changement climatique, qui déplace les espèces vers le nord ou en altitude.

Mais l’humain peut aussi favoriser la biodiversité : haies, mares, prairies fleuries, corridors écologiques, aires protégées (voir biodiversité).

Erreurs fréquentes

  • Croire que les animaux « disparaissent » en hiver : ils sont migrateurs, cachés, en vie ralentie ou présents sous une autre forme (œufs, larves).
  • Confondre hibernation et simple sommeil : l’hibernation abaisse fortement la température corporelle et le métabolisme.
  • Penser qu’un arbre sans feuilles est mort : il est en vie ralentie.
  • Oublier les facteurs biotiques : la présence de nourriture ou de prédateurs compte autant que le climat.

Exercice corrigé

Énoncé. Dans une mare, on compte les grenouilles adultes chaque mois : nombreuses d’avril à septembre, aucune de décembre à février. Propose deux hypothèses pour expliquer leur absence en hiver et indique comment les vérifier.

Corrigé.

  • Hypothèse 1 : les grenouilles passent l’hiver en vie ralentie, enfouies dans la vase du fond de la mare ou cachées sous des feuilles et des pierres à proximité. Vérification : chercher, sans les déranger, des individus engourdis dans ces abris.
  • Hypothèse 2 : elles ont quitté la mare pour hiverner ailleurs. Vérification : marquer des individus à l’automne et les rechercher dans les milieux voisins.
  • En réalité, les grenouilles des régions tempérées hivernent en vie ralentie, ce qui correspond à l’hypothèse 1 (voir grenouille).

Questions fréquentes

Pourquoi y a-t-il plus d’espèces dans une haie que dans un champ cultivé ?

La haie offre des conditions variées (ombre, abri, fleurs, fruits) et n’est pas perturbée chaque année ; le champ est un milieu simplifié, souvent dominé par une seule espèce.

Une forêt brûlée peut-elle repousser ?

Oui, par une nouvelle succession d’espèces, plus ou moins rapide selon l’intensité du feu et le climat. Certaines plantes sont même adaptées au feu (voir feux de forêt).

Les saisons existent-elles partout ?

Pas de la même façon : sous les tropiques humides, les températures varient peu, mais il existe souvent une saison sèche et une saison des pluies qui rythment la vie.

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