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Sciences · Astronomie et espace

Éris

Éris est une planète naine glacée découverte en 2005 aux confins du système solaire. Légèrement plus massive que Pluton, elle a provoqué la redéfinition du mot « planète » en 2006 et le déclassement de Pluton.

Mis à jour le 3 min de lecture

Éris porte bien son nom : dans la mythologie grecque, Éris est la déesse de la discorde, celle qui lança la pomme d’or à l’origine de la guerre de Troie. Sa découverte a déclenché l’un des débats les plus vifs de l’astronomie moderne. Plus massive que Pluton, elle aurait dû devenir la dixième planète ; l’Union astronomique internationale a préféré créer une nouvelle catégorie, les planètes naines.

Éris en chiffres

CaractéristiqueValeur
Diamètre2 326 km environ (Pluton : 2 377 km)
Masseenviron 27 % de plus que Pluton
Distance moyenne au Soleil68 UA environ
Distance au périhélie / à l’aphélie38 UA / 98 UA environ
Période orbitaleenviron 559 ans
Inclinaison de l’orbite44° par rapport au plan des planètes
Température de surfaceentre −243 °C et −217 °C environ
SatelliteDysnomie
Découverteannoncée le 29 juillet 2005

Éris se trouve aujourd’hui près de son aphélie, à environ 96 UA du Soleil : c’est l’une des planètes naines connues les plus lointaines, près de trois fois plus loin que Pluton.

La découverte

Éris a été repérée sur des images prises le 21 octobre 2003 à l’observatoire du mont Palomar (Californie), mais identifiée seulement en janvier 2005 par l’équipe de Mike Brown, Chad Trujillo et David Rabinowitz. Provisoirement surnommée « Xena », elle reçoit en 2006 le nom définitif d’Éris. Sa lune Dysnomie, découverte la même année, porte le nom de la fille d’Éris, personnification de l’anarchie.

La fin de la « dixième planète »

Les premières mesures suggéraient qu’Éris était plus grande que Pluton. Si Pluton était une planète, Éris devait l’être aussi ; et d’autres objets comparables risquaient d’être découverts. Lors de son assemblée générale de Prague, le 24 août 2006, l’Union astronomique internationale a adopté une définition qui exige trois critères pour une planète :

  1. tourner autour du Soleil ;
  2. avoir une masse suffisante pour être à peu près ronde ;
  3. avoir fait le ménage sur son orbite, c’est-à-dire y dominer gravitationnellement.

Pluton et Éris ne remplissent pas le troisième critère : elles sont devenues des planètes naines, avec Cérès. Le système solaire compte depuis huit planètes.

À quoi ressemble Éris ?

Aucune sonde ne l’a visitée. Les télescopes montrent une surface très brillante, qui réfléchit plus de 95 % de la lumière, ce qui en fait l’un des objets les plus réfléchissants du système solaire. Cet éclat s’expliquerait par une couche de glace d’azote et de méthane : l’atmosphère d’Éris, qui se forme peut-être quand elle s’approche du Soleil, gèlerait et retomberait en givre quand elle s’en éloigne, comme on le suppose pour Pluton.

Éris appartient au disque des objets épars, une population liée à la ceinture de Kuiper mais aux orbites plus allongées et plus inclinées, probablement façonnées par Neptune.

Questions fréquentes

Combien y a-t-il de planètes naines ?

L’Union astronomique internationale en reconnaît officiellement cinq : Cérès, Pluton, Éris, Haumea et Makemake. Plusieurs autres objets, comme Gonggong, Quaoar ou Sedna, pourraient en faire partie, mais leur statut n’est pas officialisé.

Peut-on voir Éris avec un télescope amateur ?

Difficilement : sa magnitude est d’environ 18,7. Il faut un grand télescope amateur et une caméra sensible, ainsi qu’une carte précise de sa position.

Une sonde ira-t-elle vers Éris ?

Aucune mission n’est prévue. Le voyage durerait plusieurs décennies avec les technologies actuelles.

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