Sciences · Astronomie et espace
Ganymède
Ganymède, satellite de Jupiter, est la plus grande lune du système solaire : avec 5 268 km de diamètre, elle dépasse la planète Mercure. C’est aussi la seule lune connue qui possède son propre champ magnétique.
Mis à jour le 3 min de lecture
Découverte par Galilée le 7 janvier 1610, Ganymède est la troisième lune galiléenne en partant de Jupiter. Si elle tournait autour du Soleil, on la classerait sans hésiter parmi les planètes. Faite à parts à peu près égales de roche et de glace d’eau, elle cache probablement un océan salé et sera la première lune autour de laquelle une sonde se mettra en orbite, avec la mission européenne JUICE.
Ganymède en chiffres
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Diamètre | 5 268 km (Mercure : 4 879 km ; Titan : 5 150 km) |
| Masse | environ 2 fois celle de la Lune |
| Distance moyenne à Jupiter | 1,07 million de km |
| Période orbitale | 7,15 jours |
| Température de surface | de −180 °C à −110 °C environ |
| Densité | 1,94 (Mercure : 5,4) |
| Découverte | 1610, Galilée |
Plus grande que Mercure, Ganymède est pourtant deux fois moins massive, car la glace est bien moins dense que le fer et la roche.
Une surface à deux visages
La surface de Ganymède présente deux types de terrains :
- des terrains sombres, très anciens (environ 4 milliards d’années), criblés de cratères, qui couvrent environ un tiers de la surface ;
- des terrains clairs, plus jeunes, parcourus de sillons et de crêtes parallèles, formés par des déformations de la croûte de glace.
Les cratères de Ganymède sont souvent aplatis : la glace, en fluant lentement sur des millions d’années, efface leur relief.
Le seul satellite doté d’un champ magnétique
En 1996, la sonde Galileo a découvert que Ganymède génère son propre champ magnétique, produit comme celui de la Terre par un noyau métallique liquide en mouvement. Ganymède possède donc sa propre magnétosphère, nichée dans celle, gigantesque, de Jupiter, et même des aurores autour de ses pôles.
Structure interne
Ganymède serait constituée en couches successives :
- un noyau de fer, en partie liquide ;
- un manteau rocheux ;
- une épaisse couche de glace de haute pression ;
- un océan d’eau liquide salée, peut-être en plusieurs couches ;
- une croûte de glace d’environ 150 km.
Contrairement à Europe, l’océan de Ganymède serait coincé entre deux couches de glace, sans contact direct avec la roche, ce qui le rendrait moins favorable à une chimie propice à la vie.
L’exploration de Ganymède
| Mission | Date | Apport |
|---|---|---|
| Voyager 1 et 2 | 1979 | Premières cartes de la surface |
| Galileo | 1996-2000 | Découverte du champ magnétique |
| Juno | 7 juin 2021 | Survol à 1 038 km, images détaillées |
| JUICE (ESA) | lancée le 14 avril 2023 | Arrivée autour de Jupiter prévue en 2031, mise en orbite autour de Ganymède vers 2034 |
JUICE (JUpiter ICy moons Explorer) étudiera les trois lunes glacées (Ganymède, Europe, Callisto) avant de devenir la première sonde à orbiter autour d’une lune autre que la nôtre.
Questions fréquentes
Quelle est la plus grande lune du système solaire ?
Ganymède, avec 5 268 km de diamètre, devant Titan (Saturne, 5 150 km), Callisto (Jupiter, 4 821 km) et Io (3 643 km). La Lune n’arrive qu’en cinquième position.
Ganymède est-elle visible à l’œil nu ?
Elle serait assez brillante (magnitude 4,6 environ), mais l’éclat de Jupiter, tout proche, la noie. Une simple paire de jumelles suffit pour la voir.
Pourquoi Ganymède n’est-elle pas une planète ?
Parce qu’une planète doit tourner directement autour du Soleil. Ganymède tourne autour de Jupiter : c’est donc un satellite, quelle que soit sa taille.