Sciences · Astronomie et espace
Apollo 11, le premier pas sur la Lune
Apollo 11 est la mission américaine qui a posé les premiers hommes sur la Lune. Le 21 juillet 1969, Neil Armstrong foule le sol lunaire, suivi de Buzz Aldrin ; Michael Collins reste en orbite.
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Huit ans à peine après le premier vol d’un homme dans l’espace, les États-Unis réussissent ce qui semblait impossible : envoyer des astronautes à 384 000 km de la Terre, les poser sur la Lune et les ramener sains et saufs. Suivi en direct par plusieurs centaines de millions de téléspectateurs, cet exploit reste l’un des événements les plus marquants du XXe siècle et le point culminant de la course à l’espace de la guerre froide.
Pourquoi aller sur la Lune ?
En 1961, l’URSS a pris de l’avance : elle a lancé le premier satellite, Spoutnik, en 1957, puis le premier homme dans l’espace, Youri Gagarine, le 12 avril 1961. Le 25 mai 1961, le président John F. Kennedy fixe au Congrès un objectif spectaculaire : poser un homme sur la Lune et le ramener sur Terre avant la fin de la décennie. Le programme Apollo mobilise jusqu’à environ 400 000 personnes et coûte environ 25 milliards de dollars de l’époque.
Le programme connaît un drame : le 27 janvier 1967, un incendie dans la capsule d'Apollo 1, lors d’un test au sol, tue les trois astronautes Gus Grissom, Ed White et Roger Chaffee. En décembre 1968, Apollo 8 est le premier vol habité à faire le tour de la Lune.
L’équipage et le vaisseau
| Astronaute | Rôle | Particularité |
|---|---|---|
| Neil Armstrong (1930-2012) | Commandant | Ancien pilote d’essai, il pilote le module lunaire lors de l’alunissage |
| Edwin « Buzz » Aldrin (né en 1930) | Pilote du module lunaire | Docteur en astronautique, spécialiste des rendez-vous orbitaux |
| Michael Collins (1930-2021) | Pilote du module de commande | Reste seul en orbite lunaire pendant plus de 21 heures |
Le vaisseau, lancé par une fusée Saturn V haute de 110 mètres, la plus puissante de l’époque, se compose de deux engins :
- le module de commande et de service Columbia, qui reste en orbite autour de la Lune puis ramène l’équipage ;
- le module lunaire Eagle, qui se pose sur la Lune ; son étage de descente y est resté.
Le déroulement de la mission
| Date (temps universel) | Étape |
|---|---|
| 16 juillet 1969, 13 h 32 | Décollage du centre spatial Kennedy, en Floride |
| 19 juillet | Mise en orbite autour de la Lune |
| 20 juillet, 20 h 17 | Alunissage d'Eagle dans la mer de la Tranquillité |
| 21 juillet, 2 h 56 | Neil Armstrong pose le pied gauche sur la Lune |
| 21 juillet, environ 3 h 15 | Buzz Aldrin le rejoint |
| 21 juillet, 17 h 54 | Décollage d'Eagle et rendez-vous avec Columbia |
| 24 juillet, 16 h 50 | Amerrissage dans l’océan Pacifique |
En heure de Paris, le premier pas a eu lieu le 21 juillet 1969 à 3 h 56 du matin, ce qui explique que beaucoup de Français l’aient suivi en pleine nuit.
Un alunissage à haut risque
Pendant la descente, l’ordinateur de bord déclenche plusieurs alarmes (les fameuses alarmes « 1202 » et « 1201 »), dues à une surcharge de calcul ; le centre de contrôle décide de poursuivre. Puis Armstrong constate que le pilote automatique les mène vers un champ de rochers : il prend les commandes en mode semi-manuel et cherche un endroit dégagé. Quand Eagle touche le sol, il reste moins d’une minute de carburant de descente avant l’obligation d’interrompre. Armstrong annonce alors : « Houston, ici la base de la Tranquillité. L'Aigle s’est posé. »
Le premier pas
En descendant l’échelle, Armstrong prononce la phrase restée célèbre :
« That’s one small step for [a] man, one giant leap for mankind. » (« C’est un petit pas pour un homme, un bond de géant pour l’humanité. »)
Le petit « a » n’est presque pas audible dans l’enregistrement ; Armstrong a toujours affirmé avoir voulu le prononcer.
La sortie dure environ 2 h 30. Les deux astronautes :
- plantent un drapeau américain et une plaque portant l’inscription « Ici, des hommes de la planète Terre ont posé le pied sur la Lune pour la première fois, en juillet 1969 après J.-C. Nous sommes venus en paix pour toute l’humanité » ;
- installent un sismomètre, un réflecteur laser et un capteur de vent solaire ;
- recueillent 21,5 kg de roches et de poussière lunaires ;
- reçoivent un appel téléphonique du président Richard Nixon.
Le réflecteur laser fonctionne toujours : des observatoires, dont celui de la Côte d’Azur en France, y envoient des impulsions laser pour mesurer la distance Terre-Lune au centimètre près, et ont ainsi établi que la Lune s’éloigne de la Terre d’environ 3,8 cm par an.
Après Apollo 11
Six missions Apollo se sont posées sur la Lune entre 1969 et 1972, et douze hommes y ont marché, tous américains.
| Mission | Date d’alunissage | Fait marquant |
|---|---|---|
| Apollo 11 | juillet 1969 | Premier alunissage |
| Apollo 12 | novembre 1969 | Alunissage de précision près de la sonde Surveyor 3 |
| Apollo 13 | avril 1970 (pas d’alunissage) | Explosion d’un réservoir d’oxygène ; retour de l’équipage sain et sauf |
| Apollo 14 | février 1971 | Alan Shepard frappe des balles de golf |
| Apollo 15, 16, 17 | 1971-1972 | Utilisation d’une jeep lunaire ; Eugene Cernan est le dernier homme sur la Lune, en décembre 1972 |
Au total, les missions Apollo ont rapporté 382 kg d’échantillons lunaires, qui ont notamment permis d’établir que la Lune s’est probablement formée après une collision géante entre la Terre primitive et un corps de la taille de Mars. Le programme Artemis de la NASA prévoit le retour d’astronautes sur la Lune, cette fois avec des partenaires internationaux, dont l’Europe. Le reste de l’aventure spatiale est raconté dans la fiche conquête spatiale.
Les preuves que l’homme est allé sur la Lune
Des théories du complot affirment que les alunissages ont été filmés en studio. Elles sont réfutées par de nombreuses preuves indépendantes :
- les 382 kg de roches lunaires, étudiées par des laboratoires du monde entier, dont la composition et l’âge ne correspondent à aucune roche terrestre ;
- les réflecteurs laser, utilisés par des observatoires de plusieurs pays ;
- les photographies des sites d’atterrissage prises par la sonde américaine Lunar Reconnaissance Orbiter à partir de 2009, où l’on voit les modules, les instruments et les traces de pas ;
- le suivi des missions par des observatoires et des radioamateurs indépendants, et par l’URSS elle-même, qui n’a jamais contesté l’exploit ;
- les réponses aux arguments habituels : le drapeau « flotte » parce qu’une tringle horizontale le maintenait déplié, et les étoiles n’apparaissent pas sur les photos car l’exposition était réglée pour le sol lunaire très éclairé.
Questions fréquentes
Quelle est la date exacte du premier pas sur la Lune ?
Le 21 juillet 1969 à 2 h 56 en temps universel, soit 3 h 56 à Paris. Aux États-Unis, il était encore le 20 juillet au soir, d’où les deux dates que l’on rencontre.
Pourquoi Michael Collins n’a-t-il pas marché sur la Lune ?
Quelqu’un devait rester à bord du module de commande Columbia, en orbite lunaire, pour assurer le retour de l’équipage. C’était le rôle prévu du pilote du module de commande.
Les traces de pas sont-elles toujours sur la Lune ?
Très probablement. Sans vent ni pluie, seules les micrométéorites et les rayonnements dégradent lentement le sol lunaire ; les traces peuvent subsister des millions d’années. Les images de la sonde LRO montrent les chemins tracés par les astronautes.