Économie · Notions fondamentales
Économie : définition
L’économie est la science qui étudie comment les individus et les sociétés utilisent des ressources rares pour produire, échanger et répartir des biens et des services.
Mis à jour le 5 min de lecture
Le mot économie désigne à la fois une réalité — l’ensemble des activités de production, d’échange et de consommation d’un pays — et la discipline qui l’étudie, la science économique. Son point de départ est un constat simple : les besoins humains sont illimités, alors que les ressources (temps, travail, terres, matières premières, capital) sont limitées. Il faut donc faire des choix, et l’économie analyse ces choix et leurs conséquences.
D’où vient le mot économie ?
Le mot vient du grec oikonomia, formé de oikos (« la maison, le domaine ») et nomos (« la règle, la loi ») : à l’origine, c’est l’art de bien administrer un domaine familial. Xénophon y consacre un traité, l'Économique (IVe siècle av. J.-C.), et Aristote distingue l’économie domestique de la chrématistique, l’art d’accumuler l’argent pour lui-même.
L’expression économie politique apparaît en 1615 chez Antoine de Montchrestien : il s’agit désormais de gérer les richesses d’un État, et non plus d’une maison. La discipline moderne naît au XVIIIe siècle avec les physiocrates français (François Quesnay, Tableau économique, 1758) et surtout Adam Smith, dont La Richesse des nations (1776) est souvent considérée comme l’acte fondateur. Le terme science économique (economics) s’impose à la fin du XIXe siècle.
Les questions fondamentales de l’économie
Toute société, quel que soit son système, doit répondre à trois questions :
- Que produire ? Quels biens et services, en quelle quantité (nourriture, logements, soins, armement…).
- Comment produire ? Avec quelles techniques, quelle combinaison de travail, de capital et de ressources naturelles.
- Pour qui produire ? Comment répartir ce qui est produit entre les membres de la société.
Le marché, l’État, la tradition ou une combinaison des trois peuvent y répondre. C’est ce qui distingue les grands systèmes économiques, du capitalisme aux économies planifiées.
Rareté et coût d’opportunité
Parce que les ressources sont rares, chaque choix a un prix caché : renoncer à la meilleure autre option possible. C’est le coût d’opportunité. Une heure passée à étudier est une heure qui n’est pas travaillée ou consacrée aux loisirs ; un milliard d’euros dépensé pour une route ne peut pas financer un hôpital. Cette notion est au cœur du raisonnement économique.
Les deux grandes branches
| Branche | Objet | Exemples de questions |
|---|---|---|
| Microéconomie | Comportement des agents individuels (ménages, entreprises) et fonctionnement des marchés | Comment se fixe le prix d’un bien ? Combien une entreprise doit-elle produire ? |
| Macroéconomie | Grands agrégats d’une économie nationale ou mondiale | Pourquoi y a-t-il du chômage ? Qu’est-ce qui cause l’inflation ? Comment favoriser la croissance ? |
La fiche microéconomie et macroéconomie détaille cette distinction. On distingue aussi l'économie positive (décrire et expliquer ce qui est) et l'économie normative (dire ce qui devrait être, ce qui suppose des jugements de valeur).
Il existe de nombreux champs spécialisés : économie du travail, économie internationale, économie publique, économie monétaire, économie de l’environnement, économie du développement, économie comportementale (qui intègre les apports de la psychologie et des biais cognitifs).
Les agents économiques
La comptabilité nationale regroupe les acteurs en grands secteurs institutionnels selon leur fonction principale.
| Agent | Fonction principale | Ressources principales |
|---|---|---|
| Ménages | Consommer, épargner, fournir du travail | Salaires, revenus du patrimoine, prestations sociales |
| Entreprises (sociétés non financières) | Produire des biens et services marchands | Ventes |
| Sociétés financières (banques, assurances) | Financer l’économie, gérer les risques | Intérêts, commissions, primes |
| Administrations publiques | Produire des services non marchands, redistribuer | Impôts et cotisations |
| Institutions sans but lucratif | Services aux ménages (associations) | Dons, subventions, cotisations |
| Reste du monde | Échanges avec l’étranger | Importations, exportations, flux financiers |
Ces agents sont reliés par des flux : flux réels (biens, services, travail) et flux monétaires (salaires, dépenses, impôts). C’est le circuit économique, représenté dès 1758 par Quesnay.
Les grands indicateurs
Quelques mesures reviennent sans cesse dans le débat public :
- le PIB, qui mesure la production d’un pays sur une période ; sa variation donne la croissance économique ;
- l'inflation, hausse générale et durable des prix ;
- le chômage, part des actifs sans emploi qui en recherchent un ;
- le solde public (déficit) et la dette publique ;
- la balance commerciale, différence entre exportations et importations.
En France, ces chiffres sont produits principalement par l'Insee et la Banque de France ; au Canada, par Statistique Canada et la Banque du Canada ; à l’échelle internationale, par le FMI, l'OCDE et la Banque mondiale.
Les grands courants de pensée
| Courant | Période | Idée centrale | Auteurs |
|---|---|---|---|
| Mercantilisme | XVIe–XVIIIe s. | La richesse d’un pays vient de l’accumulation de métaux précieux et des excédents commerciaux | Colbert, Montchrestien |
| Physiocratie | XVIIIe s. | Seule la terre produit un surplus | Quesnay, Turgot |
| École classique | fin XVIIIe–XIXe s. | Marchés libres, division du travail, valeur-travail | Smith, Ricardo, Say |
| Marxisme | XIXe s. | Critique du capitalisme, exploitation, lutte des classes | Marx |
| École néoclassique | depuis 1870 | Valeur-utilité, équilibre des marchés, raisonnement à la marge | Walras, Jevons, Menger, Marshall |
| Keynésianisme | depuis 1936 | L’État doit soutenir la demande pour lutter contre le chômage | Keynes |
| Monétarisme | années 1960–1980 | La maîtrise de la masse monétaire suffit à contrôler l’inflation | Friedman |
Ces écoles ne se succèdent pas simplement : elles coexistent et se combinent dans l’économie contemporaine. Voir aussi libéralisme économique et keynésianisme.
L’économie est-elle une science ?
L’économie utilise des modèles mathématiques, des statistiques et, de plus en plus, des expériences (en laboratoire ou sur le terrain). Mais elle ne peut pas isoler ses objets comme la physique : les sociétés évoluent, les agents anticipent et réagissent aux théories elles-mêmes. Ses prévisions sont donc incertaines, et les désaccords entre économistes portent souvent autant sur les valeurs que sur les faits. Elle est généralement classée parmi les sciences sociales, avec la sociologie et la science politique. Sur les critères de scientificité, voir la méthode scientifique et la falsifiabilité.
Depuis 1969, la Banque de Suède décerne un prix « en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel », couramment appelé prix Nobel d’économie, bien qu’il ne fasse pas partie des prix créés par le testament de Nobel.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre économie et finance ?
L’économie étudie l’ensemble de la production et de la répartition des richesses. La finance en est une branche : elle s’intéresse au financement des agents, aux placements, aux marchés de capitaux et à la gestion du risque.
Qu’est-ce que l’économie réelle ?
Expression désignant la production et l’échange de biens et services (industrie, commerce, services), par opposition à la sphère financière (marchés de titres, spéculation).
Qui est considéré comme le père de l’économie ?
Adam Smith, pour La Richesse des nations (1776). Mais Quesnay et les physiocrates l’ont précédé dans l’analyse systématique du circuit économique.
Que signifie « faire des économies » ?
C’est le sens courant hérité de l’origine du mot : dépenser moins que ce que l’on gagne, donc épargner. Voir la fiche épargne.