Économie · Notions fondamentales
Développement durable et économie
Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Il articule économie, société et environnement.
Mis à jour le 4 min de lecture
La notion de développement durable s’est imposée à la fin du XXe siècle, quand il est devenu évident que la croissance économique fondée sur les énergies fossiles et l’exploitation des ressources avait des coûts écologiques considérables. Pour l’économie, la question est double : comment mesurer ces coûts, que le PIB ignore, et comment les intégrer dans les décisions des entreprises, des ménages et des États.
Les grandes dates
| Date | Événement |
|---|---|
| 1972 | Rapport au Club de Rome Les Limites à la croissance (Meadows) ; conférence de Stockholm sur l’environnement |
| 1987 | Rapport Brundtland : définition du développement durable |
| 1992 | Sommet de la Terre de Rio : convention-cadre sur le changement climatique, convention sur la diversité biologique |
| 1997 | Protocole de Kyoto |
| 2015 | Adoption par l'ONU des 17 objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030 ; accord de Paris sur le climat |
Les trois piliers
Le développement durable est souvent représenté par trois dimensions qui doivent être conciliées :
- économique : produire des richesses, créer des emplois, assurer la viabilité des entreprises ;
- sociale : réduire la pauvreté et les inégalités, garantir l’accès à la santé, à l’éducation, au logement ;
- environnementale : préserver le climat, la biodiversité, les ressources en eau et en sols.
Durabilité faible ou durabilité forte ?
| Approche | Idée | Conséquence |
|---|---|---|
| Durabilité faible | Le capital naturel peut être remplacé par du capital physique ou humain (technologie, savoir) | Il suffit que la richesse totale ne diminue pas |
| Durabilité forte | Certaines ressources naturelles sont irremplaçables (climat stable, biodiversité) | Des seuils doivent être respectés quel que soit le coût |
Cette distinction sépare les économistes de l’environnement (plutôt proches de la durabilité faible) et les tenants de l’économie écologique (durabilité forte).
Comment l’économie traite-t-elle la pollution ?
Les externalités
Une externalité est un effet d’une activité sur des tiers, non pris en compte dans les prix. La pollution d’une usine ou les émissions de gaz à effet de serre d’une voiture sont des externalités négatives : leur coût est supporté par la société, pas par le pollueur. Le marché produit alors trop de pollution, ce qui constitue une défaillance de marché (voir offre et demande).
Les instruments
| Instrument | Principe | Exemples |
|---|---|---|
| Réglementation | Normes, interdictions | Normes d’émissions des véhicules, interdiction de certains plastiques |
| Taxe (taxe pigouvienne) | Faire payer au pollueur le coût de la pollution | Taxe carbone ; tarification du carbone au Canada |
| Marché de quotas | Plafonner les émissions totales et laisser s’échanger des droits | Système d’échange de quotas d’émission de l’UE (2005) ; marché du carbone Québec-Californie |
| Subventions | Encourager les comportements vertueux | Aides à la rénovation énergétique, aux énergies renouvelables |
| Information | Éclairer les choix | Étiquette énergie, affichage environnemental |
L’idée de taxer les externalités vient de l’économiste britannique Arthur Cecil Pigou (The Economics of Welfare, 1920). Ronald Coase (1960) a montré qu’une négociation entre parties peut, dans certaines conditions, résoudre le problème sans taxe. William Nordhaus a reçu le prix Nobel 2018 pour avoir intégré le changement climatique dans les modèles macroéconomiques.
Le coût du changement climatique
Le rapport Stern (Royaume-Uni, 2006) a estimé que l’inaction face au réchauffement climatique coûterait bien plus cher que les politiques d’atténuation. Les travaux du GIEC décrivent les conséquences physiques et économiques du réchauffement selon différents scénarios. Les estimations chiffrées varient beaucoup selon le taux d’actualisation retenu, c’est-à-dire le poids donné au bien-être des générations futures.
Les débats
- Croissance verte : le progrès technique permettrait de découpler croissance et émissions.
- Décroissance : dans les pays riches, il faudrait réduire volontairement la production matérielle.
- Post-croissance : cesser de faire de la croissance du PIB un objectif, au profit d’indicateurs de bien-être et d’empreinte écologique.
- Justice climatique : les pays développés, historiquement les plus émetteurs, doivent-ils financer la transition des pays en développement ?
Dans les entreprises
La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) désigne la prise en compte volontaire ou obligatoire des enjeux sociaux et environnementaux. En France, la loi Pacte de 2019 a créé la qualité de société à mission ; dans l’Union européenne, la directive CSRD (2022) renforce les obligations de publication d’informations extra-financières. L'investissement socialement responsable (ISR) applique des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) aux placements.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre développement durable et écologie ?
L’écologie est une science qui étudie les relations entre les êtres vivants et leur milieu (voir écosystème). Le développement durable est un projet politique et économique qui inclut aussi les dimensions sociale et économique.
Qu’est-ce que l’économie circulaire ?
Un modèle qui cherche à réduire la consommation de ressources et les déchets : écoconception, réemploi, réparation, recyclage, par opposition à l’économie linéaire « extraire, fabriquer, jeter ».
Qu’est-ce que l’empreinte carbone ?
La quantité de gaz à effet de serre émise par la consommation d’une personne, d’un pays ou d’un produit, y compris les émissions des biens importés.