Sciences · Astronomie et espace
La recherche de vie extraterrestre
Aucune forme de vie extraterrestre n’a été découverte à ce jour. Les scientifiques la cherchent sur Mars, dans les océans cachés de lunes glacées, dans l’atmosphère d’exoplanètes et à travers d’éventuels signaux artificiels.
Mis à jour le 4 min de lecture
La question « sommes-nous seuls ? » est devenue un champ scientifique à part entière, l'astrobiologie (ou exobiologie). Elle s’appuie sur la biologie, la chimie, la géologie et l’astronomie. La plupart des chercheurs visent d’abord une vie microbienne, bien plus probable que des civilisations, et cherchent des traces chimiques, les biosignatures, plutôt que des êtres vivants.
Que faut-il pour la vie ?
D’après la seule vie connue, celle de la Terre, trois ingrédients sont nécessaires (voir origine de la vie) :
| Ingrédient | Rôle | Où on le trouve |
|---|---|---|
| Eau liquide | Solvant des réactions chimiques du vivant | Mars autrefois, océans souterrains de plusieurs lunes, peut-être des exoplanètes |
| Source d’énergie | Lumière d’une étoile ou énergie chimique | Étoiles, sources hydrothermales, réactions minérales |
| Éléments chimiques (carbone, hydrogène, azote, oxygène, phosphore, soufre) | Briques des molécules du vivant | Répandus dans l’Univers, molécules organiques fréquentes dans les comètes et météorites |
Les cibles dans le système solaire
- Mars : il y a plus de 3 milliards d’années, elle avait des lacs et des rivières. Les rovers martiens recherchent des traces fossiles de micro-organismes. En 2025, la NASA a présenté une roche du cratère Jezero portant des structures qui pourraient être d’origine biologique ; des explications non biologiques restent possibles.
- Europe (Jupiter) : un océan salé sous la glace, en contact avec un fond rocheux. La sonde Europa Clipper doit l’étudier à partir de 2030.
- Encelade (Saturne) : ses geysers contiennent de l’eau salée, du dihydrogène, des molécules organiques et des phosphates, les ingrédients d’un milieu habitable.
- Titan (Saturne) : une chimie organique riche et des lacs de méthane, explorés par la future mission Dragonfly.
- Vénus : l’annonce en 2020 de phosphine dans ses nuages, gaz parfois produit par la vie, a été fortement contestée par la suite.
Les exoplanètes et leurs atmosphères
Plus de 6 000 exoplanètes sont confirmées, dont plusieurs dizaines de taille proche de la Terre dans la zone habitable de leur étoile, comme Proxima b ou les planètes du système TRAPPIST-1.
Le télescope James-Webb analyse la lumière qui traverse leur atmosphère lors des transits (voir spectroscopie). On y cherche des combinaisons de gaz difficiles à expliquer sans vie, comme l’oxygène associé au méthane. En 2025, une équipe a évoqué la possible détection de sulfure de diméthyle, produit sur Terre par du plancton, dans l’atmosphère de la planète K2-18 b. Ce résultat a été rapidement contesté par d’autres analyses et n’est pas considéré comme établi.
SETI : écouter les signaux
Le programme SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence) cherche des signaux artificiels :
| Date | Événement |
|---|---|
| 1959 | Giuseppe Cocconi et Philip Morrison proposent d’écouter près de la fréquence de l’hydrogène (1 420 MHz) |
| 1960 | Projet Ozma de Frank Drake, première écoute radio de deux étoiles proches |
| 1974 | Message d’Arecibo, envoyé vers l’amas globulaire M13 |
| 1977 | Signal « Wow! », pic radio intense jamais retrouvé, dont l’origine reste inexpliquée |
| 2015 | Lancement de Breakthrough Listen, le plus vaste programme d’écoute à ce jour |
Aucun signal artificiel confirmé n’a été détecté. Les recherches s’étendent aux impulsions laser et aux « technosignatures » comme une pollution industrielle ou des structures géantes autour d’étoiles.
L’équation de Drake et le paradoxe de Fermi
En 1961, l’astronome Frank Drake propose une équation pour estimer le nombre de civilisations détectables dans la Voie lactée. Elle multiplie le rythme de formation des étoiles, la fraction ayant des planètes, la part de planètes habitables, la probabilité d’apparition de la vie, puis de l’intelligence, puis d’une technologie détectable, et enfin la durée de vie de ces civilisations. Les premiers termes sont désormais assez bien connus grâce aux exoplanètes ; les derniers restent totalement inconnus, si bien que les résultats vont de moins d’une à des millions de civilisations.
Le paradoxe de Fermi, du nom du physicien Enrico Fermi qui aurait lancé en 1950 à des collègues « Mais où sont-ils tous ? », souligne la contradiction entre le grand nombre d’étoiles anciennes et l’absence de toute trace de visiteurs ou de signaux. De nombreuses explications ont été avancées : vie intelligente très rare, distances trop grandes, civilisations éphémères, ou simplement recherche encore trop limitée.
Questions fréquentes
A-t-on déjà trouvé de la vie extraterrestre ?
Non. Aucune découverte n’a été confirmée à ce jour. Plusieurs indices discutés (Mars, Vénus, K2-18 b) n’ont pas résisté ou restent à confirmer par des mesures indépendantes.
Les ovnis sont-ils des vaisseaux extraterrestres ?
Les enquêtes officielles, comme celles du GEIPAN en France, rattaché au CNES, expliquent la grande majorité des observations par des phénomènes naturels ou humains : satellites, ballons, avions, planètes brillantes. Aucune preuve d’origine extraterrestre n’a été apportée pour les cas restants, faute de données suffisantes.
Où a-t-on le plus de chances de trouver de la vie ?
Dans le système solaire, les meilleurs candidats sont Mars (vie passée), Europe et Encelade (océans actuels). Au-delà, les exoplanètes rocheuses de la zone habitable d’étoiles proches.