Sciences · Astronomie et espace
Les étoiles filantes
Une étoile filante n’est pas une étoile : c’est un grain de poussière, souvent plus petit qu’un grain de sable, qui entre dans l’atmosphère à des dizaines de km/s et s’y consume en laissant une traînée lumineuse.
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Le phénomène lumineux porte le nom scientifique de météore. Le grain qui le produit, avant son entrée dans l’atmosphère, est un météoroïde ; s’il est assez gros pour atteindre le sol, le fragment récupéré est une météorite. Chaque nuit, on peut voir quelques étoiles filantes par heure au hasard, dites sporadiques ; à certaines dates, la Terre traverse des nuages de poussières laissés par des comètes et l’on assiste à une pluie d’étoiles filantes.
Comment se forme une étoile filante ?
- Le grain arrive à une vitesse comprise entre 11 et 72 km/s, selon qu’il rattrape la Terre ou qu’il la croise de face.
- Vers 80 à 120 km d’altitude, il comprime violemment l’air devant lui et s’échauffe à plusieurs milliers de degrés.
- Il se vaporise en une fraction de seconde à quelques secondes. Ce n’est pas le grain qui brille surtout, mais l’air et la matière vaporisée, ionisés sur son passage.
- La couleur trahit la composition : jaune-orangé pour le sodium, vert pour le magnésium ou l’oxygène de l’air, violet pour le calcium.
Un grain de la taille d’un petit pois peut produire un bolide, un météore plus brillant que Vénus, parfois accompagné d’une détonation.
D’où viennent les pluies d’étoiles filantes ?
En s’approchant du Soleil, une comète libère des poussières qui se répartissent le long de son orbite (voir astéroïdes et comètes). Quand la Terre croise ce courant chaque année à la même date, des milliers de grains entrent dans l’atmosphère. Leurs trajectoires sont parallèles mais, par effet de perspective, elles semblent toutes partir d’un même point du ciel, le radiant, qui donne son nom à la pluie (les Perséides semblent venir de Persée).
Calendrier des principales pluies
| Pluie | Activité | Maximum | THZ typique | Corps parent |
|---|---|---|---|---|
| Quadrantides | fin décembre - mi-janvier | 3-4 janvier | 80 à 120, pic bref | astéroïde 2003 EH1 |
| Lyrides | mi à fin avril | 22-23 avril | environ 18 | comète Thatcher |
| Êta Aquarides | avril - mai | 5-6 mai | environ 50, surtout dans l’hémisphère Sud | comète de Halley |
| Perséides | mi-juillet - fin août | 12-13 août | environ 100 | comète 109P/Swift-Tuttle |
| Draconides | début octobre | 8-9 octobre | variable, parfois des sursauts | comète Giacobini-Zinner |
| Orionides | octobre - début novembre | 21-22 octobre | environ 20 | comète de Halley |
| Léonides | novembre | 17-18 novembre | environ 15, tempêtes certaines années | comète Tempel-Tuttle |
| Géminides | décembre | 13-14 décembre | environ 120 à 150 | astéroïde (3200) Phaéthon |
Les dates de maximum varient d’un jour environ d’une année à l’autre. Les Perséides, en plein été, sont les plus populaires en Europe ; les Géminides sont souvent plus riches, mais il fait froid en décembre.
Les tempêtes de météores
Certaines années, la Terre traverse un filament de poussières récemment éjecté et le taux explose. Les Léonides sont célèbres pour leurs tempêtes : en novembre 1833, des observateurs américains ont vu des dizaines de milliers de météores par heure, et en 1966, le taux a dépassé brièvement 100 000 par heure depuis l’ouest des États-Unis. Ces tempêtes sont désormais prévues assez précisément par les modèles.
Bien observer une pluie d’étoiles filantes
- S’éloigner des lumières : la pollution lumineuse efface la plupart des météores.
- Choisir l’heure : la seconde moitié de nuit est la plus riche, car notre côté de la Terre fait alors face à la direction de son mouvement, comme un pare-brise sous la pluie.
- Vérifier la Lune : une Lune gibbeuse ou pleine réduit fortement le nombre de météores visibles.
- Ne pas fixer le radiant : regarder une large portion du ciel, à 40-50° du radiant environ, en position allongée.
- Laisser les yeux s’habituer au noir pendant au moins 20 minutes, sans regarder d’écran (voir observer le ciel).
Aucun instrument n’est nécessaire : les jumelles et les télescopes ont un champ trop étroit.
Questions fréquentes
Les étoiles filantes peuvent-elles tomber sur Terre ?
Les grains qui font les étoiles filantes se consument entièrement. Seuls des objets beaucoup plus gros, de plusieurs centimètres à plusieurs mètres, produisent des météorites.
Quand voir le plus d’étoiles filantes ?
Lors des maximums des Perséides (12-13 août) et des Géminides (13-14 décembre), après minuit, sous un ciel noir et sans Lune.
Combien de matière tombe ainsi sur la Terre ?
Les estimations varient beaucoup, de quelques dizaines à une centaine de tonnes par jour, surtout sous forme de poussières microscopiques.