Aller au contenu
connaissance.org

Sciences · Astronomie et espace

Le télescope spatial Hubble

Le télescope spatial Hubble, mis en orbite le 24 avril 1990 par la navette Discovery, est l’un des instruments scientifiques les plus productifs de l’histoire. Projet de la NASA et de l’ESA, il observe toujours en 2026.

Mis à jour le 3 min de lecture

Placé au-dessus de l’atmosphère, qui brouille et filtre la lumière des astres, Hubble a livré des images d’une netteté inédite. Il a contribué à mesurer l’âge et l’expansion de l’Univers, à découvrir l’énergie noire, à photographier des galaxies lointaines et des nébuleuses devenues iconiques. Il porte le nom de l’astronome américain Edwin Hubble, qui démontra l’existence d’autres galaxies et l'expansion de l’Univers.

Hubble en chiffres

CaractéristiqueValeur
Lancement24 avril 1990, navette Discovery (mission STS-31)
PartenairesNASA, avec une participation de l’ESA (15 %)
Diamètre du miroir principal2,4 m
Longueur / masse13,2 m / environ 11 tonnes
Orbitebasse, vers 530 km d’altitude, un tour en 95 minutes environ
Domaines observésultraviolet, visible et proche infrarouge
Missions d’entretien5, de 1993 à 2009
Observationsplus de 1,6 million

Le miroir défectueux

Peu après le lancement, les premières images sont floues : le miroir principal a été poli avec une erreur de forme d’environ 2 micromètres sur ses bords, soit environ un cinquantième de l’épaisseur d’un cheveu. Le télescope souffre d'aberration sphérique.

En décembre 1993, la mission d’entretien STS-61 de la navette Endeavour installe un système correcteur, COSTAR, véritables « lunettes » pour Hubble, et une nouvelle caméra dotée de sa propre correction. Les images deviennent nettes. Les instruments installés ensuite intègrent tous cette correction.

Cinq missions d’entretien

MissionDatePrincipales interventions
SM1 (STS-61)décembre 1993Correction optique, caméra WFPC2
SM2 (STS-82)février 1997Spectrographe STIS, caméra infrarouge NICMOS
SM3A (STS-103)décembre 1999Remplacement des gyroscopes
SM3B (STS-109)mars 2002Caméra ACS, nouveaux panneaux solaires
SM4 (STS-125)mai 2009Caméra WFC3, spectrographe COS, réparations

Conçu pour être entretenu dans l’espace, Hubble ne peut plus l’être depuis l’arrêt de la navette spatiale en 2011.

Les grandes découvertes

  • L’âge de l’Univers : en mesurant les céphéides de galaxies lointaines, Hubble a précisé la constante de Hubble et ramené l’âge de l’Univers à environ 13,8 milliards d’années (voir âge de l’Univers).
  • L’énergie noire : ses observations de supernovas lointaines ont confirmé l’accélération de l’expansion découverte en 1998.
  • Les champs profonds : en 1995, le Hubble Deep Field a montré environ 3 000 galaxies dans une zone minuscule du ciel en apparence vide. Le Hubble Ultra Deep Field (2004) en a révélé environ 10 000.
  • Les trous noirs supermassifs : il a montré qu’ils sont présents au centre de la plupart des grandes galaxies.
  • Le système solaire : impacts de la comète Shoemaker-Levy 9 sur Jupiter en 1994, découverte de lunes de Pluton, indices de panaches d’eau sur Europe.
  • Les Piliers de la création (1995), dans la nébuleuse de l’Aigle, l’une des images astronomiques les plus célèbres.

Hubble et James-Webb

Le télescope James-Webb, lancé en 2021, n’est pas un remplaçant mais un complément : son miroir de 6,5 m observe surtout dans l’infrarouge, alors que Hubble excelle dans le visible et l’ultraviolet, domaine que Webb ne couvre pas.

Quel avenir ?

L’orbite de Hubble s’abaisse lentement sous l’effet des frottements de la haute atmosphère. Selon les estimations de la NASA, une rentrée incontrôlée pourrait intervenir dans la seconde moitié des années 2030 environ, selon l’activité solaire. Une mission pour remonter son orbite ou organiser sa rentrée a été étudiée, sans décision ferme à ce jour.

Questions fréquentes

Peut-on voir Hubble à l’œil nu ?

Oui, comme un point lumineux se déplaçant rapidement, quand il est éclairé par le Soleil au crépuscule. Son orbite inclinée de 28,5° le rend visible surtout depuis les latitudes inférieures à environ 50°, donc bas sur l’horizon sud depuis la France.

Pourquoi mettre un télescope dans l’espace ?

Pour échapper à la turbulence de l’atmosphère, qui brouille les images, et à son absorption, qui bloque l’ultraviolet et une partie de l’infrarouge.

Les couleurs des images de Hubble sont-elles réelles ?

Souvent non : elles sont obtenues en combinant des images prises à travers différents filtres, parfois hors du visible. Elles représentent des informations physiques réelles, mais pas toujours ce que verrait l’œil.

À lire aussi

Astronomie et espace : toutes les fiches