Nature et animaux · Reptiles et amphibiens
La couleuvre
En France, on appelle couleuvres tous les serpents qui ne sont pas des vipères. Une huitaine d’espèces vivent en métropole ; aucune n’est dangereuse pour l’homme et toutes sont protégées.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le mot « couleuvre » n’est pas une catégorie scientifique : il regroupe en France des serpents de la grande famille des Colubridés, ainsi que la couleuvre de Montpellier, aujourd’hui rangée dans une famille voisine. Pour reconnaître une couleuvre d’une vipère et réagir à une morsure de vipère, voir la fiche serpents de France. Cette fiche présente les couleuvres elles-mêmes : espèces, mœurs et comportements de défense.
Les couleuvres de France
| Espèce | Taille adulte | Milieu | Reconnaissance |
|---|---|---|---|
| Couleuvre helvétique (Natrix helvetica) | 70 cm à 1,2 m, parfois plus | Bords d’étangs, mares, prairies humides | Collier clair (jaune ou blanc) bordé de noir derrière la tête ; gris-vert |
| Couleuvre vipérine (Natrix maura) | 50 à 80 cm | Rivières, étangs (sud et ouest) | Motif en zigzag rappelant une vipère, mais pupille ronde |
| Couleuvre verte et jaune (Hierophis viridiflavus) | 1 à 1,5 m | Haies, friches, murets, lisières (centre, ouest et sud) | Noire tachetée de jaune, très rapide |
| Couleuvre d’Esculape (Zamenis longissimus) | 1 à 1,6 m | Bois clairs, haies, vieux murs | Brun-olive, uniforme, excellente grimpeuse |
| Couleuvre à échelons (Zamenis scalaris) | 1 à 1,5 m | Garrigues du Midi | Deux lignes sombres ; jeunes avec un motif en échelle |
| Coronelle lisse (Coronella austriaca) | 50 à 70 cm | Landes, talus, rocailles | Bande sombre à travers l’œil, écailles lisses |
| Coronelle girondine (Coronella girondica) | 50 à 70 cm | Sud-ouest et sud | Ventre en damier |
| Couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus) | jusqu’à 2 m | Garrigues, maquis | Plus grand serpent de France ; regard « sourcilleux » |
En Corse vit aussi la couleuvre à collier corse et la couleuvre verte et jaune ; il n’y a pas de vipère sur l’île.
Comment vivent les couleuvres ?
Alimentation
Les couleuvres avalent leurs proies vivantes ou les tuent par constriction, selon l’espèce :
- couleuvres d’eau (helvétique, vipérine) : grenouilles, crapauds, tritons, poissons ;
- couleuvres d’Esculape et à échelons : rongeurs, oisillons, œufs, qu’elles étouffent dans leurs anneaux ;
- couleuvre verte et jaune : lézards, rongeurs, autres serpents ;
- coronelles : surtout des lézards, dont l’orvet.
Elles jouent un rôle utile en régulant les populations de rongeurs.
Cycle annuel
Comme tous les reptiles, elles hivernent d’octobre à mars environ dans des cavités, des terriers ou des tas de pierres. Au printemps, les accouplements ont lieu ; la plupart des couleuvres pondent ensuite de 5 à 30 œufs dans un endroit chaud et humide (tas de compost, fumier, souche pourrie). La coronelle lisse fait exception : elle met au monde des petits vivants.
Les stratégies de défense
Une couleuvre surprise fuit presque toujours. Si elle ne peut pas s’échapper, elle peut :
- siffler, gonfler le corps et aplatir la tête pour paraître menaçante ;
- frapper bouche fermée ou mordre, sans gravité ;
- émettre un liquide nauséabond par des glandes situées près du cloaque ;
- faire la morte : la couleuvre helvétique est célèbre pour sa thanatose. Elle se retourne sur le dos, ouvre la bouche, laisse pendre la langue et peut émettre un peu de sang par la bouche. Remise à l’endroit, elle se retourne aussitôt sur le dos.
La couleuvre de Montpellier, un cas à part
Cette grande couleuvre méditerranéenne possède des crochets venimeux à l’arrière de la mâchoire. Son venin lui sert à paralyser lézards et rongeurs. Pour l’homme, une morsure est rare et le plus souvent sans conséquence, car les crochets sont trop en arrière pour injecter facilement le venin ; elle peut provoquer une douleur et un gonflement locaux. Comme toute morsure, elle doit être nettoyée, et un avis médical demandé en cas de réaction.
Menaces et protection
Toutes les couleuvres de France sont protégées : il est interdit de les tuer, de les capturer ou de les transporter. Elles déclinent en raison de :
- la destruction des haies, des murets et des zones humides ;
- la circulation routière, notamment au printemps ;
- la raréfaction de leurs proies (amphibiens, lézards) ;
- les destructions volontaires, souvent par confusion avec les vipères.
Questions fréquentes
Une couleuvre peut-elle mordre ?
Oui, si on l’attrape, mais sa morsure est sans danger : quelques égratignures à désinfecter. Les couleuvres de France ne sont pas venimeuses pour l’homme, à l’exception de la couleuvre de Montpellier, dont la morsure est rare et le plus souvent bénigne.
Les couleuvres nagent-elles ?
Oui, toutes savent nager, et les couleuvres helvétique et vipérine chassent dans l’eau. Les voir traverser un étang, la tête hors de l’eau, est courant en été.
Que faire si une couleuvre est dans le jardin ?
La laisser tranquille : elle repartira d’elle-même et rend service en mangeant les rongeurs. Pour l’éloigner d’un endroit précis, il suffit de supprimer les abris (tas de bois, de pierres) à proximité.