Nature et animaux · Reptiles et amphibiens
L’axolotl
L’axolotl (Ambystoma mexicanum) est une salamandre du Mexique qui conserve toute sa vie ses branchies et sa forme larvaire. Célèbre pour ses capacités de régénération, il est en danger critique d’extinction dans la nature.
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Avec son sourire apparent et ses houppes de branchies roses, l’axolotl est devenu une vedette des réseaux sociaux et des aquariums. Cet amphibien est pourtant presque éteint dans son milieu d’origine, les canaux de Xochimilco, au sud de Mexico. Il est aussi l’un des animaux les plus étudiés en laboratoire, pour sa capacité à reconstituer des organes entiers.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Ambystoma mexicanum |
| Ordre / famille | Urodèles / Ambystomatidés |
| Taille | 15 à 30 cm, le plus souvent autour de 23 cm |
| Longévité | 10 à 15 ans en captivité |
| Régime | Carnivore : vers, larves d’insectes, petits crustacés, petits poissons |
| Habitat | Lacs et canaux d’eau douce froide de la vallée de Mexico |
| Statut UICN | En danger critique (CR) |
Son nom vient du nahuatl, la langue des Aztèques ; il est souvent rapproché du dieu Xolotl, qui, selon un mythe, se serait transformé en axolotl pour échapper à la mort.
La néoténie : rester larve toute sa vie
La plupart des salamandres naissent sous forme de larves aquatiques à branchies, puis se métamorphosent en adultes terrestres à poumons. L’axolotl, lui, atteint la maturité sexuelle et se reproduit sans se métamorphoser : il garde ses branchies externes, sa nageoire caudale et sa vie aquatique. Ce phénomène est appelé néoténie (ou pédomorphose).
Il s’explique par une production insuffisante d’hormones thyroïdiennes, qui déclenchent normalement la métamorphose. En laboratoire, une injection de ces hormones peut provoquer la transformation de l’axolotl en salamandre terrestre, d’aspect proche de la salamandre tigrée, mais cette métamorphose forcée raccourcit souvent sa vie.
Les trois paires de branchies plumeuses servent à respirer dans l’eau ; l’axolotl possède aussi des poumons rudimentaires et remonte parfois avaler de l’air en surface. Il respire également par la peau.
Un champion de la régénération
L’axolotl est capable de régénérer, sans cicatrice, des pattes entières, la queue, une partie de la moelle épinière, de la mâchoire, des yeux, du cœur et même du cerveau. Après une amputation, des cellules proches de la blessure retournent à un état moins spécialisé et forment un amas, le blastème, qui reconstruit la structure manquante avec ses os, muscles, nerfs et vaisseaux.
Cette faculté en fait un modèle majeur en biologie du développement et en médecine régénérative. Son génome, séquencé en 2018, est l’un des plus grands génomes animaux connus, environ dix fois plus grand que celui de l’être humain. Voir aussi cellules souches.
Couleurs
À l’état sauvage, l’axolotl est brun-vert ou gris tacheté de noir, ce qui le camoufle au fond des canaux. Les axolotls roses, blancs (leucistiques), dorés (albinos) ou noirs (mélaniques) sont issus de l’élevage. Les axolotls « leucistiques » rose pâle aux yeux noirs, les plus populaires, descendent d’animaux élevés en laboratoire depuis le XIXe siècle : des axolotls ramenés du Mexique ont été élevés à Paris dès 1864, et une grande partie des lignées captives en descendrait.
Un animal au bord de l’extinction
Autrefois abondant dans les lacs de Xochimilco et de Chalco, l’axolotl a vu son habitat presque disparaître avec l’expansion de Mexico :
- assèchement des lacs de la vallée de Mexico depuis l’époque coloniale ;
- pollution des canaux par les eaux usées et l’agriculture ;
- introduction de poissons exotiques (carpes, tilapias) qui mangent ses œufs et ses jeunes et concurrencent sa nourriture ;
- urbanisation et tourisme.
Les relevés scientifiques à Xochimilco ont montré un effondrement des densités entre la fin des années 1990 et les années 2010. Des programmes associent chercheurs et agriculteurs des chinampas, les jardins flottants traditionnels aztèques, pour restaurer des canaux refuges filtrés où l’axolotl peut survivre. Xochimilco est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO avec le centre historique de Mexico (voir Mexique).
Garder un axolotl
L’axolotl est commercialisé en animalerie dans plusieurs pays, dont la France, où sa détention est encadrée. Il exige :
- une eau froide, idéalement entre 14 et 20 °C ; au-delà de 22–24 °C, il souffre ;
- un aquarium spacieux, sans courant fort ;
- un sol sans gravier fin, qu’il risque d’avaler ;
- pas de poissons compagnons, qui grignotent ses branchies.
Il ne faut jamais relâcher un axolotl dans la nature.
Questions fréquentes
L’axolotl est-il un poisson ?
Non. Malgré son nom anglais de Mexican walking fish, c’est un amphibien, une salamandre restée au stade larvaire, avec quatre pattes et des poumons.
Pourquoi l’axolotl est-il en danger ?
Parce que son unique habitat naturel, les canaux de Xochimilco près de Mexico, est pollué, réduit par l’urbanisation et envahi par des poissons introduits.
L’axolotl peut-il se transformer ?
Rarement, et presque toujours sous l’effet d’hormones ou de conditions très particulières. Il devient alors une salamandre terrestre, mais cette transformation l’affaiblit.