Économie · Monnaie et finance
Actions et obligations
Une action est une part du capital d’une société : elle fait de son détenteur un associé. Une obligation est un titre de créance : son détenteur prête de l’argent à un émetteur, qui le remboursera avec intérêts.
Mis à jour le 4 min de lecture
Actions et obligations sont les deux grandes familles de titres financiers échangés en Bourse. Elles permettent aux entreprises et aux États de se financer, mais elles n’offrent ni les mêmes droits, ni les mêmes revenus, ni les mêmes risques. Cette fiche a un but pédagogique et ne constitue pas un conseil de placement.
L’action : devenir copropriétaire
Les droits de l’actionnaire
- Droit aux bénéfices : l’actionnaire peut recevoir un dividende, part des bénéfices distribuée, dont le montant est voté chaque année en assemblée générale. Rien ne garantit son versement.
- Droit de vote aux assemblées générales (approbation des comptes, nomination des administrateurs), en principe proportionnel au nombre d’actions. En France, la loi Florange (2014) a généralisé le droit de vote double pour les actions détenues au nominatif depuis au moins deux ans dans les sociétés cotées, sauf décision contraire des statuts.
- Droit à l’information sur la gestion de la société.
- Droit sur l’actif en cas de liquidation, mais en dernier rang, après tous les créanciers.
Rendement et risque
Le gain de l’actionnaire vient des dividendes et de la plus-value éventuelle (revendre plus cher qu’on a acheté). Le risque est élevé : le cours peut baisser fortement, et en cas de faillite, l’action peut ne plus rien valoir. La responsabilité de l’actionnaire est toutefois limitée à son apport : il ne peut pas perdre plus que ce qu’il a investi (hors produits à effet de levier).
L’obligation : prêter de l’argent
Les caractéristiques d’une obligation
| Élément | Signification | Exemple |
|---|---|---|
| Valeur nominale | Montant prêté, remboursé à l’échéance | 1 000 € |
| Coupon | Intérêt versé périodiquement, fixé à l’émission | 3 % par an, soit 30 € |
| Échéance (maturité) | Date de remboursement | 10 ans |
| Émetteur | Qui emprunte | État français, entreprise |
| Notation | Appréciation du risque par une agence (de AAA à D) | Catégorie « investissement » ou « spéculative » |
Les obligations de l’État français s’appellent les OAT (obligations assimilables du Trésor) ; celles du gouvernement canadien, les obligations du gouvernement du Canada. Le Québec et ses sociétés d’État émettent aussi leurs propres titres.
Le prix d’une obligation varie en sens inverse des taux
C’est le point qui surprend le plus. Si une obligation rapporte 2 % et que les taux d’intérêt du marché montent à 4 %, plus personne ne veut l’acheter à son prix d’origine : son prix baisse jusqu’à ce que son rendement rejoigne celui du marché. À l’inverse, quand les taux baissent, le prix des obligations existantes monte. Ce mécanisme explique les pertes importantes subies par les fonds obligataires en 2022, lors de la remontée rapide des taux.
Un détenteur qui garde son obligation jusqu’à l’échéance récupère la valeur nominale, sauf défaut de l’émetteur.
Les risques de l’obligation
- Risque de taux : baisse du prix si les taux montent.
- Risque de crédit ou de défaut : l’émetteur peut ne pas rembourser (Argentine en 2001, Grèce en 2012 avec une restructuration).
- Risque d’inflation : le coupon fixe perd de sa valeur réelle si l'inflation augmente. Certaines obligations sont indexées sur l’inflation (OATi en France, obligations à rendement réel au Canada, dont l’émission a cessé en 2022).
Les différences en un tableau
| Action | Obligation | |
|---|---|---|
| Nature | Titre de propriété | Titre de créance |
| Statut du détenteur | Associé | Créancier |
| Revenu | Dividende variable, non garanti | Coupon généralement fixe |
| Remboursement | Aucun : on revend en Bourse | À l’échéance, à la valeur nominale |
| Droit de vote | Oui | Non |
| Rang en cas de faillite | Dernier | Avant les actionnaires |
| Risque | Plus élevé | Plus faible, variable selon l’émetteur |
| Rendement espéré à long terme | Plus élevé | Plus faible |
Sur longue période, les actions ont historiquement offert un rendement moyen supérieur à celui des obligations, en contrepartie d’une volatilité bien plus forte : c’est la prime de risque. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Les fonds : détenir des titres indirectement
Les fonds d’investissement (OPCVM en France, fonds communs de placement au Canada) mutualisent l’argent de nombreux épargnants pour acheter un portefeuille diversifié d’actions, d’obligations ou les deux. Les fonds indiciels cotés (ETF, ou FNB au Canada) répliquent un indice, comme le CAC 40, avec des frais généralement faibles. Ils facilitent la diversification, principe de base de la gestion du risque.
Questions fréquentes
Une obligation est-elle sans risque ?
Non. Elle est en général moins risquée qu’une action, mais son prix varie avec les taux et l’émetteur peut faire défaut.
Qu’est-ce qu’une obligation convertible ?
Une obligation qui peut, sous certaines conditions, être échangée contre des actions de l’émetteur. Elle combine les caractéristiques des deux titres.
Pourquoi dit-on que l’action est un titre de propriété ?
Parce qu’en achetant une action, on devient propriétaire d’une petite fraction de l’entreprise, avec des droits sur ses bénéfices et sa gestion.