Mythologies et religions · Fêtes et traditions
Hanoucca
Hanoucca est la fête juive des Lumières : pendant huit jours, à partir du 25 kislev, on allume chaque soir une bougie de plus. En 2026, elle commence le soir du 4 décembre et finit le 12 décembre.
Mis à jour le 4 min de lecture
Hanoucca (de l’hébreu hanoukka, « inauguration », « dédicace » ; on écrit aussi Hanouka ou Chanuka) commémore la nouvelle consécration du Temple de Jérusalem en 164 av. J.-C., après la victoire de la révolte des Maccabées contre le souverain séleucide Antiochos IV. Ce n’est pas une fête prescrite par la Torah : elle a été instituée plus tard par les sages. Le travail n’y est pas interdit, mais c’est l’une des fêtes les plus populaires et les plus familiales du judaïsme, en particulier pour les enfants.
Les dates
Hanoucca commence le 25 du mois de kislev du calendrier juif, à la tombée de la nuit, et dure huit jours. Comme le calendrier juif est luni-solaire, la fête tombe chaque année entre la fin novembre et la fin décembre.
| Année | Premier soir (première bougie) | Dernier jour |
|---|---|---|
| 2026 | Vendredi 4 décembre au soir | Samedi 12 décembre |
L’histoire : la révolte des Maccabées
Au IIe siècle av. J.-C., la Judée est sous la domination du royaume séleucide, issu des conquêtes d’Alexandre le Grand. Le roi Antiochos IV Épiphane interdit la pratique du judaïsme – circoncision, shabbat, étude de la Torah – et profane le Temple de Jérusalem en y installant un autel consacré à Zeus Olympien, en 167 av. J.-C.
Le prêtre Mattathias et ses fils, dont Judas Maccabée (« le marteau », selon l’interprétation courante), prennent la tête d’une révolte. Après trois ans de combats, ils reprennent Jérusalem, purifient le Temple et le consacrent à nouveau, le 25 kislev 164 av. J.-C. Ces événements sont racontés dans les livres des Maccabées, qui ne font pas partie de la Bible hébraïque mais figurent dans les Bibles catholique et orthodoxe (voir la Bible).
Le miracle de la fiole d’huile
Selon le Talmud (traité Shabbat, 21b), quand les Maccabées voulurent rallumer la ménorah, le chandelier du Temple, ils ne trouvèrent qu’une seule fiole d’huile pure, scellée par le grand prêtre, qui suffisait pour un jour. Or, elle brûla pendant huit jours, le temps nécessaire pour préparer une nouvelle huile pure. C’est ce miracle que l’on commémore en allumant des lumières pendant huit jours. Le premier livre des Maccabées mentionne une fête de huit jours, sans parler de ce miracle.
L’allumage de la hanoukkia
Le rite principal consiste à allumer chaque soir les lumières d’un chandelier spécial, la hanoukkia, à ne pas confondre avec la ménorah du Temple, qui avait sept branches :
| Élément | Détail |
|---|---|
| Nombre de branches | Huit, plus une neuvième, le shamash (« serviteur »), qui sert à allumer les autres |
| Progression | Une lumière le premier soir, deux le deuxième, jusqu’à huit le dernier soir (usage fixé par l’école de Hillel) |
| Moment | Après la tombée de la nuit (le vendredi, avant le début du shabbat) |
| Emplacement | Près d’une fenêtre ou d’une porte, pour « publier le miracle » |
| Bénédictions | Deux bénédictions chaque soir, et une troisième le premier soir |
Les lumières de Hanoucca ne doivent pas servir à éclairer la maison ou à lire : elles sont destinées uniquement à être regardées. Après l’allumage, on chante souvent l’hymne Maoz Tsour. Dans de nombreuses villes, des hanoukkiot géantes sont allumées en public.
Les traditions
- Les aliments frits dans l’huile, en souvenir du miracle : les latkes, galettes de pommes de terre, traditionnelles chez les ashkénazes, et les soufganiyot, beignets fourrés de confiture, très populaires en Israël. Les séfarades ont aussi leurs beignets (sfenj, bimuelos).
- La toupie (sevivon en hébreu, dreidel en yiddish) : elle porte quatre lettres hébraïques, initiales de la phrase « un grand miracle a eu lieu là-bas » (nes gadol haya sham). En Israël, la dernière lettre est remplacée pour signifier « ici » (po). Les enfants y jouent avec des pièces ou des friandises.
- Les pièces : on donne aux enfants de l’argent (Hanoucca gelt) ou des pièces en chocolat.
- Les prières : on ajoute au cours de la prière et des actions de grâce le passage Al hanissim (« pour les miracles ») et on récite le Hallel, ensemble de psaumes de louange.
Hanoucca et Noël
Hanoucca tombe souvent à proximité de Noël, ce qui a contribué, surtout aux États-Unis au XXe siècle, à en faire une fête plus importante, avec l’échange de cadeaux. Les deux fêtes n’ont pas de lien historique ni religieux, même si elles partagent la symbolique de la lumière au cœur de l’hiver, comme Diwali dans la tradition hindoue.
Questions fréquentes
Que célèbre-t-on à Hanoucca ?
La nouvelle consécration du Temple de Jérusalem par les Maccabées en 164 av. J.-C., et, selon le Talmud, le miracle de la fiole d’huile qui brûla huit jours au lieu d’un.
Pourquoi la hanoukkia a-t-elle neuf branches ?
Huit branches pour les huit jours de la fête, et une neuvième pour le shamash, la bougie qui sert à allumer les autres.
Hanoucca est-elle une fête importante du judaïsme ?
C’est une fête très populaire et joyeuse, mais d’importance religieuse moindre que les fêtes prescrites par la Torah, comme Pessah, Yom Kippour ou Souccot. Le travail y est permis.
Comment souhaite-t-on une bonne fête de Hanoucca ?
On dit « Hanoucca saméa’h » (« joyeux Hanoucca ») ou, plus généralement, « 'Hag saméa’h » (« bonne fête »).