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Économie · Finances personnelles

Systèmes de retraite

Un système de retraite assure un revenu à ceux qui ont cessé de travailler. Par répartition, les cotisations des actifs paient les pensions ; par capitalisation, chacun épargne pour sa propre retraite.

Mis à jour le 4 min de lecture

La retraite est l’un des postes les plus importants des dépenses publiques et l’un des sujets les plus sensibles du débat politique. Tous les pays développés combinent plusieurs « piliers » : régimes publics, régimes d’entreprise et épargne individuelle. La France repose surtout sur la répartition ; le Canada et le Québec associent une base publique modeste à une part importante de capitalisation. Cette fiche présente les principes ; les droits de chacun se vérifient auprès des organismes de retraite.

Répartition et capitalisation

RépartitionCapitalisation
PrincipeLes actifs paient pour les retraités du momentChacun constitue un capital pour lui-même
Sensibilité principaleDémographie (rapport entre actifs et retraités), emploi, salairesRendement des marchés financiers, inflation, taux d’intérêt
RisquesDéséquilibre si le nombre de retraités augmente plus vite que celui des cotisantsKrach boursier au moment du départ, frais, inflation
ExemplesRégimes de base et complémentaires en France, RRQ (partiellement)Fonds de pension, REER, plans d’épargne retraite

Les deux systèmes dépendent finalement de la même chose : la production future de l’économie, qui doit être partagée entre actifs et retraités.

Prestations définies et cotisations définies

  • Prestations définies : la pension est calculée selon une formule (salaire, durée de carrière) ; le risque financier pèse sur le régime ou l’employeur.
  • Cotisations définies : seule la cotisation est fixée ; la pension dépend du capital accumulé et des rendements ; le risque pèse sur le salarié.

Le système français

Une architecture en plusieurs étages

ÉtageContenu
Régimes de baseRégime général des salariés du privé (Assurance retraite, Cnav), régimes de la fonction publique, régime agricole (MSA), régimes spéciaux
Régimes complémentaires obligatoiresAgirc-Arrco pour les salariés du privé (régime à points, fusionné en 2019), Ircantec pour les contractuels publics, RAFP pour les fonctionnaires
Épargne retraite facultativePlan d’épargne retraite (PER, créé par la loi Pacte de 2019), épargne salariale, assurance vie
SolidaritéMinimum vieillesse (allocation de solidarité aux personnes âgées, Aspa)

Les retraites sont financées principalement par les cotisations prélevées sur les salaires (voir salaire brut et net), complétées par des impôts affectés (CSG) et des transferts de l’État.

Les paramètres

Le montant d’une pension du régime général dépend du salaire annuel moyen des 25 meilleures années, du taux (au maximum 50 % au « taux plein ») et de la durée d’assurance (nombre de trimestres validés).

La réforme de 2023 a prévu de relever progressivement l'âge légal de départ de 62 à 64 ans et d’accélérer l’allongement de la durée d’assurance requise jusqu’à 172 trimestres. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a ensuite suspendu ce relèvement pour plusieurs générations : pour les personnes nées en 1964, par exemple, l’âge légal est fixé à 62 ans et 9 mois et la durée requise à 170 trimestres, au lieu de 63 ans et 171 trimestres. Le taux plein est attribué automatiquement à 67 ans quelle que soit la durée. Ces règles évoluent souvent : la situation de chacun se vérifie sur le site commun des régimes, info-retraite.fr.

Le défi démographique

L’arrivée à la retraite des générations nombreuses du baby-boom et l’allongement de l’espérance de vie ont réduit le rapport entre cotisants et retraités. Le Conseil d’orientation des retraites (COR), créé en 2000, publie chaque année des projections de l’équilibre du système selon différentes hypothèses de croissance et d’emploi. Les leviers de pilotage sont toujours les mêmes : âge de départ, durée de cotisation, niveau des cotisations, niveau des pensions.

Le système canadien et québécois

PilierRégimeFinancement
1. Sécurité de basePension de la Sécurité de la vieillesse (PSV), versée à partir de 65 ans selon la durée de résidence ; Supplément de revenu garanti (SRG) pour les revenus faiblesImpôts fédéraux
2. Régime public lié au travailRégime de rentes du Québec (RRQ), administré par Retraite Québec ; ailleurs au Canada, le Régime de pensions du Canada (RPC). Les deux ont été créés en 1966Cotisations des salariés et des employeurs ; réserves en partie capitalisées et gérées par la Caisse de dépôt et placement du Québec
3. Régimes d’employeurRégimes complémentaires de retraite (RCR), à prestations ou à cotisations déterminées ; RVER au QuébecCotisations, capitalisation
4. Épargne individuelleREER, CELICapitalisation

La rente du RRQ peut être demandée entre 60 et 72 ans : elle est réduite en cas de demande avant 65 ans et augmentée en cas de report. Le RRQ fait l’objet d’une bonification progressive depuis 2019, financée par des cotisations supplémentaires.

Questions fréquentes

Pourquoi la France a-t-elle choisi la répartition ?

Après la Seconde Guerre mondiale, les régimes par capitalisation créés dans les années 1930 avaient été ruinés par l’inflation et la guerre. La répartition permettait de verser immédiatement des pensions aux personnes âgées, sans attendre l’accumulation d’un capital.

Peut-on toucher une retraite française en vivant au Québec ?

Oui : les droits acquis dans un pays restent acquis. Une entente de sécurité sociale entre la France et le Québec permet en outre, sous conditions, de totaliser les périodes d’assurance des deux pays pour l’ouverture des droits.

Qu’est-ce qu’un régime à points ?

Un régime où les cotisations achètent chaque année des points ; à la retraite, la pension est égale au nombre de points multiplié par la valeur du point. C’est le cas de l’Agirc-Arrco en France.

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