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Économie · Économie mondiale

Organisation mondiale du commerce (OMC)

L’Organisation mondiale du commerce, créée le 1er janvier 1995 et installée à Genève, est l’organisation internationale qui fixe les règles du commerce entre ses membres et tranche leurs différends commerciaux.

Mis à jour le 3 min de lecture

L'OMC est la seule organisation internationale à vocation mondiale consacrée aux règles du commerce international. Elle a succédé au GATT (accord général sur les tarifs douaniers et le commerce), signé en 1947. Elle compte 166 membres, qui représentent l’essentiel du commerce mondial.

Du GATT à l’OMC

DateÉtape
1944Les accords de Bretton Woods créent le FMI et la Banque mondiale ; le projet d’Organisation internationale du commerce (charte de La Havane, 1948) ne sera jamais ratifié par les États-Unis
1947Signature du GATT par 23 pays : accord provisoire de réduction des droits de douane
1947-1994Huit cycles de négociations ; les droits de douane moyens sur les produits industriels des pays développés baissent fortement
1986-1994Cycle de l’Uruguay, conclu par les accords de Marrakech (avril 1994)
1er janvier 1995Création de l’OMC
2001Lancement du cycle de Doha ; entrée de la Chine (11 décembre 2001)
2012Adhésion de la Russie
2024Adhésion des Comores et du Timor-Leste

Les principes de l’OMC

  1. Non-discrimination entre partenaires : selon la clause de la nation la plus favorisée, un avantage commercial accordé à un membre doit être étendu à tous les autres.
  2. Non-discrimination entre produits importés et nationaux : selon le traitement national, une fois entrés sur le territoire, les produits importés doivent être traités comme les produits nationaux.
  3. Libéralisation progressive des échanges par la négociation.
  4. Prévisibilité : les membres s’engagent sur des droits de douane plafonds (« consolidés »).
  5. Concurrence loyale : encadrement du dumping et des subventions.
  6. Traitement spécial et différencié pour les pays en développement (délais plus longs, engagements allégés).

Des exceptions existent : les zones de libre-échange et unions douanières (Union européenne, ACEUM) sont autorisées, ainsi que des mesures de sauvegarde, sanitaires, ou justifiées par la sécurité nationale.

Les accords administrés

AccordDomaine
GATT 1994Commerce des marchandises
AGCS (GATS)Commerce des services
ADPIC (TRIPS)Propriété intellectuelle (brevets, droits d’auteur, marques)
Accord sur l’agricultureSoutiens internes, subventions à l’exportation, accès aux marchés
Accord SPSMesures sanitaires et phytosanitaires
Accord sur la facilitation des échanges (2013, en vigueur en 2017)Simplification des procédures douanières

Le fonctionnement

  • La Conférence ministérielle, organe suprême, réunit les ministres du commerce au moins tous les deux ans.
  • Le Conseil général gère les affaires courantes et siège aussi comme Organe de règlement des différends et Organe d’examen des politiques commerciales.
  • Le Secrétariat, à Genève, dirigé par un directeur général, appuie les travaux.
  • Les décisions sont prises en principe par consensus : un seul membre peut bloquer, ce qui explique la difficulté à conclure de nouveaux accords.

Le règlement des différends

C’est souvent présenté comme l’innovation majeure de l’OMC. Un membre qui s’estime lésé peut saisir l’organisation : un groupe spécial (panel) rend un rapport, qui peut faire l’objet d’un appel devant l'Organe d’appel. Si le perdant ne se conforme pas, le plaignant peut être autorisé à prendre des mesures de rétorsion.

Depuis décembre 2019, l’Organe d’appel ne fonctionne plus, faute de nomination de nouveaux membres, bloquée par les États-Unis. Plusieurs membres, dont l’Union européenne, le Canada et la Chine, ont créé un arrangement provisoire d’arbitrage d’appel (MPIA) pour y suppléer entre eux.

Les critiques

  • Blocage des négociations : le cycle de Doha, censé favoriser le développement, n’a jamais abouti dans son ensemble, notamment en raison des désaccords sur l’agriculture.
  • Asymétries entre pays riches et pays en développement dans la capacité de négocier et de plaider.
  • Primauté du commerce sur l’environnement, la santé ou les droits sociaux, selon les mouvements altermondialistes (manifestations de Seattle en 1999).
  • Inadaptation à des économies comme celle de la Chine, où l’État joue un rôle central, selon les États-Unis et l’Union européenne.
  • Montée des mesures unilatérales et des droits de douane hors cadre multilatéral, qui fragilisent l’organisation.

Questions fréquentes

Quelle différence entre l’OMC et le FMI ?

L’OMC s’occupe des règles du commerce ; le FMI de la stabilité monétaire et financière internationale (voir FMI et Banque mondiale).

Le Canada et la France sont-ils membres ?

Oui, tous deux depuis 1995. La France est membre à la fois à titre national et à travers l’Union européenne, qui négocie d’une seule voix au nom de ses États membres.

Tous les pays sont-ils membres de l’OMC ?

Non. Une vingtaine de pays sont observateurs ou en cours d’adhésion, et quelques-uns n’ont aucun lien avec l’organisation.

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