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Sciences · Biologie

Le parasitisme

Le parasitisme est une relation durable dans laquelle un organisme, le parasite, vit sur ou dans un autre, l’hôte, et se nourrit à ses dépens sans le tuer immédiatement.

Mis à jour le 4 min de lecture

Le parasitisme est l’un des modes de vie les plus répandus sur Terre. Selon certaines estimations, il y aurait davantage d’espèces parasites que d’espèces libres, et presque tout animal héberge au moins un parasite. Contrairement au prédateur, qui tue sa proie pour la manger, le parasite a intérêt à garder son hôte en vie assez longtemps pour se reproduire.

Parasite, prédateur, pathogène

ParasitePrédateurParasitoïde
Durée de la relationLongueBrèveLongue
Sort de l’hôte ou de la proieAffaibli, rarement tuéTuéTué à la fin du développement
Taille relativePlus petit que l’hôteSouvent plus grandComparable
ExempleTénia, tiqueLoupGuêpe ichneumon dont la larve dévore une chenille de l’intérieur

En médecine, on réserve souvent le mot « parasite » aux protozoaires, aux vers et aux arthropodes, et l’on parle d’agents pathogènes pour les bactéries et les virus, qui sont pourtant aussi des parasites au sens biologique.

Les grandes catégories de parasites

Selon leur position

  • Ectoparasites : vivent à la surface de l’hôte (poux, puces, tiques, sangsues, acariens de la gale).
  • Endoparasites : vivent à l’intérieur (ténias, douves, Plasmodium du paludisme, toxoplasme).

Selon leur dépendance

  • Obligatoires : ne peuvent pas vivre sans hôte (plasmodium, ténia).
  • Facultatifs : peuvent vivre libres et devenir parasites à l’occasion (certaines amibes).

Quelques exemples par groupe

GroupeExempleHôte et effet
ProtozoairesPlasmodium falciparumHumain et moustique ; paludisme
ProtozoairesToxoplasma gondiiChat (hôte définitif), presque tous les mammifères et oiseaux
Vers platsTénia du porc et du bœufIntestin humain
Vers rondsAscaris, oxyuresIntestin, surtout chez l’enfant
ArthropodesTique IxodesMammifères ; transmet la maladie de Lyme
ChampignonsOphiocordycepsFourmis, qu’il manipule
PlantesGui, cuscuteArbres, plantes cultivées
OiseauxCoucou grisParasite de couvée d’autres oiseaux

Les plantes parasites existent : la cuscute n’a ni feuilles ni chlorophylle et puise tout dans son hôte ; le gui est un hémiparasite, qui fait sa propre photosynthèse mais prélève eau et sels minéraux dans l’arbre.

Les cycles à plusieurs hôtes

De nombreux parasites passent par plusieurs hôtes successifs :

  • l'hôte définitif héberge la reproduction sexuée du parasite ;
  • l'hôte intermédiaire héberge les formes larvaires ou asexuées ;
  • le vecteur transporte le parasite d’un hôte à l’autre.

Le paludisme en est un exemple : le moustique anophèle est l’hôte définitif et le vecteur, l’être humain l’hôte intermédiaire. Le paludisme tue encore plus de 600 000 personnes par an, majoritairement des enfants en Afrique subsaharienne, selon l’Organisation mondiale de la santé.

La manipulation de l’hôte

Certains parasites modifient le comportement de leur hôte pour favoriser leur transmission.

  • Le toxoplasme : les rats infectés perdent leur aversion pour l’odeur du chat, ce qui augmente leurs chances d’être mangés et permet au parasite d’atteindre son hôte définitif.
  • La douve du foie (Dicrocoelium) : elle pousse les fourmis infectées à grimper au sommet des brins d’herbe et à s’y accrocher, où elles risquent d’être avalées par des moutons.
  • Le champignon Ophiocordyceps : les fourmis charpentières infectées quittent leur colonie, mordent une feuille et y meurent ; le champignon pousse hors de leur tête et disperse ses spores.
  • Le ver Leucochloridium : il gonfle les tentacules des escargots en motifs pulsatiles colorés qui attirent les oiseaux.

La riposte des hôtes

Les hôtes se défendent par le système immunitaire, des comportements (toilettage, épouillage mutuel des primates, automédication par des plantes chez certains animaux) et l’évolution de résistances génétiques. Parasites et hôtes sont engagés dans une course aux armements permanente, décrite par l’hypothèse de la Reine rouge (voir coévolution). Chez l’être humain, l’allèle de la drépanocytose s’est maintenu dans les régions impaludées parce que les porteurs d’un seul exemplaire résistent mieux au paludisme.

Le rôle écologique des parasites

Loin d’être de simples nuisances, les parasites sont des acteurs majeurs des écosystèmes :

  • ils régulent les populations d’hôtes, empêchant une espèce de proliférer ;
  • ils représentent une biomasse considérable : dans certains estuaires, celle des vers parasites dépasse celle des oiseaux ;
  • ils entrent dans les chaînes alimentaires ;
  • ils favorisent la diversité génétique de leurs hôtes.

Questions fréquentes

Un parasite tue-t-il son hôte ?

En général non, ou lentement : il a besoin d’un hôte vivant pour se nourrir et se reproduire. Les parasites très virulents sont souvent ceux qui sont récemment passés à un nouvel hôte ou qui se transmettent facilement d’un hôte à l’autre.

Comment se protéger des parasites courants ?

Les mesures de base sont l’hygiène des mains, la cuisson suffisante des viandes, le lavage des fruits et légumes, la protection contre les piqûres de moustiques et de tiques, et le déparasitage régulier des animaux domestiques. En cas de symptôme, il faut consulter un professionnel de santé.

Le parasitisme est-il une forme de symbiose ?

Au sens large, oui, puisqu’il s’agit d’une association durable entre espèces. Au sens courant, la symbiose désigne plutôt une relation à bénéfice réciproque, l’inverse du parasitisme.

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